Je circule…

J’aurais bien mis ce papier en commentaire à l’article de Madame Jourdan sur Lajat, mais je crains encore de m’embrouiller les pinceaux à reconnaître des vélos ou des feux de circulation et que mes mots filent dans l’espace infini des rejets d’overblog.

Madame Jourdan, ne m’en veuillez pas donc si je livre ici ces quelques réflexions et ajustements.

Je me suis avancé un peu en qualifiant les troubles visuels de Lajat d’amblyopie (que pour des raisons personnelles je connais assez bien) mais cela est nettement moins improbable que de dire qu’il est atteint de prosopagnosie.

On voit, à travers tous les articles que recopie Liliane Langellier, l’acharnement des journalistes à faire de Lajat un pauvre rêveur, niaisement catho, plutôt ridicule qui ne sait plus vraiment ce qu’il faisait à Paris, rencontrer Inizan pour une campagne électorale, rencontrer Gallimard, s’occuper de sa faillite. Les trois, sans doute.

Je n’avais pas cité l’article paru dans Carrefour le 25 mai 1949. Écrit par Morvan Lebesque qui connaissait personnellement Lajat. Il y parle de son ami comme ayant une bonne vue et se livre avec lui à une petite expérience. Je ne l’ai pas cité, parce que très tardif et absolument pas objectif.

Mais lisez le, il y fait un portrait de Seznec que nous devrions tous prendre comme exemple.

Par ailleurs, Lebesque, très grand journaliste, a été tellement contesté…

Je profite de ma présence ici pour émettre un doute : Madame Langellier dit dans son billet que c’est François Marie Bléas qui témoigne . Peut-être, mais il aurait été tout aussi possible,( dans l’état actuel de la documentation), que ce fut son frère François Louis. De plus, la sœur aînée, Marie Hélène a épousé un Pouliquen. Je n’ai pas trouvé la parenté avec le notaire mais à la génération précédente,les deux « familles » viennent de Saint-Thégonnec .Faire un rapprochement semble légitime. Si ma supposition de parenté se révélait exacte, on ne pourrait qu’en déduire que Pouliquen, le notaire, a bien contribué à couler le témoignage de Lajat.

On l’a dit , je ne sais combien de fois, Pouliquen , dans l’intérêt de la famille, avait toutes les raisons à faire de cette disparition un assassinat au plus vite.

A me relire, je suis horrifié : je fais dans le mode justification. Non, non, je ne le referai plus.

Bon, pour me faire pardonner, voici une belle peinture

« Rivière à Landerneau » de Maurice Denis

9 commentaires sur « Je circule… »

  1. C’est vrai que pour avoir le droit de circuler dans les commentaires d’overblog il faut avoir une bonne vue et ne pas être daltonien !
    Le Président de la cour d’assises évoque une « taie  » sur l’oeil gauche de Lajat. Cela évoque un début de cataracte qui se corrige avec des verres adaptés au début.
    En tout cas Lajat n’ était ni presbyte, ni hypermétrope : il lisait le journal sans problème.
    L’argument de Morvan Lebesque est imparable : lorsque l’on est capable d’être correcteur typographe on peut reconnaître un ami en passant à quelques pas de lui…
    Je crois, moi, à ce témoignage de Lajat.
    Je ne connaissais pas cet article de Lebesque que j’ai trouvé grâce à Google. Nous voyons les témoins de Paris de la même façon. A part Le Her dont la recherche spontanée de la date de sa rencontre avec Quéméneur me paraît sincère.
    Seznec est tellement antipathique qu’on jette la suspicion sur tous ses défenseurs.
    On ne va pas, comme ça, témoigner devant une cour d’assises, juste pour se rendre intéressant ! À moins d’être payé bien sûr. Mais c’est des le 1er juin que Le Her va voir la police. Marie-Jeanne ne le connaît pas. S’il a vu Quéméneur à Paris en mai cela ne pouvait être qu’entre le 26 et le 31, puique Quéméneur n’est pas allé à Paris avant le 26. Peu importe le jour. Il l’a vu.
    Lajat a finalement déterminé que c’est le 30 qu’il aurait vu Quéméneur. Dommage que ce ne soit pas le 29, cela lui aurait donné l’opportunité de croiser Danguy des Déserts à Rennes…
    Quéméneur est très absorbé par son affaire. Il a fait écrire à un garagiste à Rennes. C’est à se demander si Dalton n’avait pas quelque chose à voir avec Rennes. Étonnant que Quéméneur ne se soit pas excusé de son absence au mariage de sa nièce. Les affaires sont les affaires. Il lui aurait fait un énorme cadeau pour se faire pardonner !

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  2. On l’a dit , je ne sais combien de fois, Pouliquen , dans l’intérêt de la famille, avait toutes les raisons à faire de cette disparition un assassinat au plus vite.

    Entièrement d’accord avec ça. Pouliquen a fortement orienté la Sûreté Générale vers le crime crapuleux imputable à Seznec.
    La famille s’affole dès le 29 mai alors que Quéméneur devait livrer 5 voitures le 2 juin. À mon avis il les avait prévenus.
    Je me demande avec Guy Maro si Pouliquen n’aurait pas eu des nouvelles de son beau-frère par rapport à l’évolution de ses affaires et la situation du chèque. Il était tout près d’admettre que Quéméneur est passé à la poste le 26 mai. Il l’a même écrit au Directeur de la sûreté générale.

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    1. J’ai encore l’impression que mon commentaire sur votre blog est passé à la trappe….
      Je le répète ici
      L’article de Morvan Lebesque peut se trouver et c’est là que l’ai trouvé, sur RETRONEWS :https://www.retronews.fr/journal/carrefour-la-semaine-en-france-et-dans-le-monde/25-mai-1949/1685/3105141/7?from=%2Fsearch%23allTerms%3DLajat%26sort%3Ddate-desc%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D1%26searchIn%3Dall%26total%3D1315&index=7

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  3. Effectivement Skeptikos, je n’ai pas eu votre commentaire. J’espère qu’il n’y a pas de problème dans mes paramètres. Je vais vérifier ça. Merci en tous cas. Mme Langellier est en train de me faire un procès en droit d’auteur pour une photo du journal qu’elle a mis en ligne en 2018 et que j’ai trouvée grâce à Google. N’étant pas allée voir sont blog je me suis aperçue hier soir qu’elle avait retranscrit l’article en question et, bien sûr, elle m’accuse de l’avoir copiée !!! Je la laisse à ses délires. Merci en tous cas pour ce lien avec retronews.

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    1. Elle accuse tout le monde de la copier mais en ce moment c’est moi qu’elle copie en empruntant mes sujets étant sans doute à cours d’idée. Ou les vôtres. Grand bien lui fasse en tout cas, nous ne sommes pas contre la discussion si elle ne se conclue par des « circulez ». En matière de copiage, elle nous a donné la recette : il suffit de bidouiller et de mettre « in situ »…..

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  4. Et si, avant de circuler, il y à voir dans le témoignage de Lajat ou le cahier de Seznec. Denis Langlois faisait justement remarquer que tous les témoins de survie étaient cohérents, dans le temps, géographiquement et dans l’action, entre eux pour créer un fausceau d’indices qui permet de se forger une intime conviction que Quemener n’est pas mort à la sortie de Houdan. Bien entendu comme tous les témoignages il y a une part d’incertitude, d’erreurs. Pris un à un, ils semblent se contredire mais ce n’est pas une raison pour les rejetter en bloc.
    D’ailleurs on pourrait en dire autant des témoins de l’accusation: Pas aussi affirmatifs que cela, imprécis pour donner une heure ou même une date, et même affirmer si ils n’ont pas vu Quemener ou s’il n’était pas dans la voiture. Cela fait une différence.
    C’est tout le problème de l’instruction contradictoire qui s’est arrêtée objectivement en gare d’Houdan. Même le témoignage de Dectot vient contredire l’accusation, il apperçoit la cadillac dès 22h30 alors qu’elle serait à peine parti de la gare et na été vue au boeuf courroné que plus tard. L’accusation s’est bien gardée de faire venir tous les témoins qui se contredisaient. L’instruction est restée en panne en gare de Houdan et n’a pas voulu aller chercher plus loin, comme par rexemple à Versaille.
    Les défenseurs de la thèse de l’accusation font comme un peu comme les communistes qui défendaient l’Union Soviétique autrefois, avec des œillères, en niant les éléments qui contredisent leur thèse. Même Michel Pierre, Historien et fonctionnaire un peu trop zélé a une vision de l’affaire tronquée. La Bretagne n’a jamais été « toute entière », loin de là, à défendre Seznec et à en faire un symbole régional. Michel Pierre connaît certainement mieux l’administration pénitentière du Bagne que les méandres du mouvement breton. S’il a fait sa carrière hors de Bretagne il devrait se souvenir que jusqu’à très récemment tout l’échiquier politique en Bretagne, du Parti Communiste, Socialiste jusqu’à la droite classique ( ce qui représentait au bas mot 90% des gens) traitaient unanimement les mouvements régionalistes, autonomistes ou indépendantistes breton de « breizh atao ».
    Les gens n’ont commencé à citer l’affaire Seznec qu’à partir du moment où ils ne connaissaient plus le fond de l’affaire. Par contre ce qui est toujours une vérité, c’est que l’instruction n’a pas été à la hauteur car l’affaire était trop moderne, une scène de crime allant de Brest à Paris, et qui plus est, en mouvement.

    Aimé par 1 personne

  5. Attention au Droit d’auteur, il s’applique également pour les journalistes et pour une durée de 70 ans. Il est parfaitement légal de citer un article mais cela doit être une courte citation, référencée. En aucun cas il n’est autorisé de retranscrire « en entier » un article, surtout si le lecteur est induit en erreur par une insuffisance de présentation et finit par croire que le texte qu’il lit a été écrit par le /la pseudo-journaliste qui reprend le texte.
    Morvan Lebesque étant décédé en 1970, en toute logique son article reste protégé jusqu’en 2040 (plus les éventuelles périodes de guerre)
    De plus il ne faut pas confondre le Droit d’auteur appliqué généralement en Europe et Copyright issu de la Common Law est en vigueur essentiellement dans les pays anglo-saxon. Le Droit d’auteur confère àl’auteur des droits inaliénables sur sa propriété intellectuelle même s’il la cède à la différence du droit anglo-saxon. (Ce qui interdit entre autre de dénaturer une production intellectuelle)

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    1. Alors notre autrice, en transcrivant intégralement l’article de Lebesque se mettrait hors la loi ? De plus, elle n’aurait aucun droit sur son image ? Et quand elle fait du copier -coller à tout bout de champs sur son autre blog, elle se mettrait dans la même position ? mais on leur apprenait quoi à l’Ecole de la rue du Louvre en matière de législation ?

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