En finirons-nous un jour avec Petitcolas ?

Emile Petitcolas !

En voilà un personnage de l’ombre !

Oui, de l’ombre parce que si l’on en croit la saga , il est assez discret dans le genre, et pourtant c’est un type sympa et influent.

Pensez donc, le beau-frère avec qui on aurait été plus ou moins fâché.

Pensez donc, un laïque républicain penchants bien affichés et un bon catho, ancien du Petit Séminaire qui a la Vierge sur les lèvres tous les dix mots. C’était couru. Pouvaient pas s’entendre , ces deux là.

Et pourtant, face à l’adversité … Ça se réconcilie sans grands cris de joie et que le Petitcolas, il fait fait tout son possible pour que le beau-frère , il souffre un peu moins du bagne.

Et ce, jusqu’à la mort de Petitcolas, qui survient un peu trop tôt.

Bon, alors, c’est qui qui nous raconte tout ça ?

Et bien , c’est Denis le Her-Seznec.

Parce que façon de défendre l’innocence totale de son grand-père, lui, il sort toute l’artillerie.

Oui, c’est Denis Seznec qui est le premier à parler de ce grand-oncle.

C’est lui, le côté «  mec bien » sous tous rapports.

Et c’est encore lui qui livre le premier son appartenance à la Franc-Maçonnerie.

C’est lui qui est le premier à nous filer une photo.

C’est lui qui nous raconte toute l’aide qu’il aurait apporté à Marie Jeanne, avec ses relations Frères Trois Points pour faire que le bagne soit moins lourd.

C ‘est encore lui, le petit-fils, le seul et le premier et le dernier à citer des lettres d’une correspondance entre M° Kahn et Petitcolas.

Cet aspect du personnage bienveillant, M° Langlois, dans son dialogue avec Seznec, le reprendra a minima et fera une allusion à une brouille rapide bien antérieure à l’affaire.

Michel Pierre, l’objectivité incarnée , insistera uniquement sur la « neutralité » des articles de l’ Eclaireur du Finistère mais c’est tout.

Voilà donc le peu de référence que l’on trouve dans l’écrit.

Par contre, dans la blogosphère, notre autrice ne ménage pas sa peine et jusqu’à son x ième article, on a un défilé renouvelé de ses actes de naissance, mariage et décès accompagné de l’hagiographie telle que servie par Denis Seznec, augmentée, je dois le reconnaître par un relevé cadastral des biens de Madame Petitcolas sur Morlaix. Dans ce dernier article, on nous donne le nom de la Loge Maçonnique «  Les Amis de Sully » à la quelle , sans doute, je note le sans doute, Petitcolas aurait appartenu.

Voilà, les enfants, vous n’aurez rien de plus sérieux d’écrit par la sphère Seznec.

Vous savez que je n’ai pas beaucoup de moyens, ni matériels ni intellectuels. Et pourtant je vous avais prévenu dès le départ : le matériel c’est le web et ce qui y est accessible, quant à l’intellectuel, ma réputation a été largement faite ces dernières semaines . Je n’y reviendrai pas.

J’ai donc fouillé en premier lieu, par pur hasard, le Loge des Amis de Sully. Et bonheur insigne, ces braves gens ont déposé aux Archives Municipales de Brest leurs Livres des Tenues depuis la création et quelques autre fariboles comme des listes de Frères, des relevés de cotisation, etc…J’ai passé un week-end entier à me casser la vue et à faire des sondages dans ces paperasses.

Rien. Pas de Petitcolas.

Sauf erreur de ma part, bien entendu.

C’est ballot, quand même.

Vérifier avant d’écrire, ça ne coûte rien. Mais passons, d’autres loges ,il y en a, à Brest, mais elles n’ont pas déposé leurs archives.

Puis, j’ai repris mes recherches dans la Presse d’époque.

Et comme un nécrologie de Petitcolas donne les différentes rédactions où il a bossé, je vous résume l’histoire.

Né dans l’Est, il commence , après avoir appartenu à la noble corporation des instituteurs, à l’Est Républicain . Dès 1902, il sera à La Dépêche de Brest jusqu’en 1912 , en tant que secrétaire de rédaction et rédacteur en chef de l’Eclaireur du Finistère ,à Morlaix , de 1921 jusqu’à sa mort en 1928.

A Brest, il se montre un ardent défenseur de la cause laïque et des clubs de sport. Il défend aussi vaillamment l’enseignement de la sténo et de la dactylo. Il s’adjoint dans cette dernière tâche un certain Gadal, lointain cousin, plus que lointain, du mari de sa future femme. Je n’en ai trouvé pas plus, rassurez-vous, les enfants, je ne vais pas broder la-dessus.

En tant que journaliste, Petitcolas essuie une condamnation pour insulte et diffamation en 1904. Puis trois duels, un qui se termine par une égratignure, un autre par des excuses et le dernier par un simple début de provocation. Tout ça entre confrères adverses. Oui, je sais, on avait le sang chaud à l’époque.

Duel en 1900

Vers 1912, (je n’ai pas de confirmation de date), il quitte la Dépêche de Brest . Pourquoi ?

Je subodore qu’il fait aussi le correspondant d’autre feuilles mais je ne situe absolument pas quand il travaillera pour le Progrès du Nord ni pour le Nouvel Avenir de Morlaix.

En tout cas, en août 1912, il ouvre à Brest un cabinet « commercial et contentieux » et d’après les annonces il y fait l’agent immobilier pour des commerces et des magasins. Et ce jusqu’en 1916 où on passe une annonce pour une « grosse quantité de fil de fer ».

En 1917, il représente le « Grande Brasserie de Lambezellec » avec son bureau-dépôt au 3 rue de l’Amiral Linois. ( Tiens! Juste à la même adresse que celle où Seznec avait sa première blanchisserie -frabrique de cols en cellulo avec Stutzman.) Oui, je sais le 3 rue de l’Amiral Linois, ça semble être un grand fourre-tout, et même, qu’après 1918, on y vend des stocks américains de couvertures et de caleçons….

La même année, il se marie à Paris avec la sœur de Seznec, « ex » et «veuve » Gadal. Pourquoi Paris ? Mystère et boule de gomme. Ils disent qu’ils vivent à la même adresse. Bon. Bon . Sans doute sous la protection de la Sainte Vierge de Lourdes, que Madame passera la fin de sa vie à prier directement sous la grotte, en protégeant une bonne partie de la correspondance de son frère retour du bagne.

Bon , mais je m’éloigne un peu là.

Quand en 1921, Petitcolas s’installe à Morlaix, au poste de rédacteur en chef c’est à deux cents pas de là ou, justement son beau-frère possède sa scierie.

Et c’est justement chez eux, les Petitscolas , rue du Château, que la vieille mère Seznec, viendra se réfugier après avoir assuré une partie du travail dans cette nouvelle entreprise, alors que Marie Jeanne n’a pas encore quitté la blanchisserie brestoise.

Après la disparition de Quéméneur en 1923,, on peut se renseigner par la lecture directe de l’Éclaireur du Finistère .

Oui, des articles dont le style est plus qu’éloigné des emballées du reste de la Presse.

Du sobre et de ce qu’on dirait à notre époque, de l’objectif. Une relation des faits . C’est tout. Même si derrière ces faits, on sent comme une sorte de présence de la famille.

Bon, et bien les enfants, on voit encore une fois l’exploitation exagérée des moindres choses par les tenant de telle ou telle thèse. Et ce, sans grande vérification. Parce que, ce que l’on voit c’est une belle et bonne histoire racontée par Denis Seznec et qui , sans même chercher si les choses sont avérées, sera reprise en cœur par tous.

Pour moi, vous vous en êtes rendu compte, j’ai fait choux blanc et je n’apporte pas grand chose.

On aura beau essayer de me relancer sur :

Mais que s’est-il passé pour qu’il quitte la Dépêche ?

Mais c’est quoi son commerce de commerces pendant les années 1910 ?

Mais c’est quoi cette brouille (??) à Morlaix entre frère- sœur -mère ?

Mais c’est comment qu’ils ont amassé du bien à Morlaix ?

Mais c’est quoi ce replis sur les fonds de la grotte de Lourdes ?

Mais c’est quoi cette aide à Marie Jeanne tout en la laissant dans la mouise et dans une baraque misérable aux environs de Garlan ?

Je n’ai pas de réponse. Je n’ai pas trouvé du solide.

Dans cette recherche au moins, je n’ai pas inventé une appartenance ni au Prieuré de Sion ni aux Illuminés de Bavière.

Alors, mes enfants, laissons en sommeil cette lueur et allons plutôt nous régaler de l’apparition répétitive de l’Edouard Corbière dans la baie de Gallipoli et adonnons nous à la contemplation de la maîtrise de Marie Jeanne sur la gestion d’une affaire en grande difficulté.

Débarquement de troupes britanniques à Gallipoli pendant le bataille des Dardanelles

Et aussi, puisque nous sommes un peu duraille de l’intellect, comprenons bien que c’est Seznec qui a inventé l’affaire des cadillac pour attirer Quéméneur à la fois dans …..là, je ne comprend toujours pas ….De plus que c’est par colère qu’il l’a zigouillé avec un cric , un gros machin énorme, ou le démonte-pneu, ça n’a pas d’importance, la crosse d’un revolver fera tout aussi bien l’office. Tout ça parce qu’il était en face de l’autre, dans son beau costard , avec son sourire narquois et….Mais, ils avaient tellement bu, toute la journée… Vous comprenez, la vinasse….

Allez, penchons nous sur la nouvelle conclusion de notre autrice. C’est bien du solide, et ça fait avancer l’affaire.

2 commentaires sur « En finirons-nous un jour avec Petitcolas ? »

  1. Petitcolas, le beau-frère du mis en cause, qui habite avec sa mère, sa sœur : solidarité familiale.
    Tout ce monde là sait-il ce qui s’est vraiment passé?
    Madame mère est-elle au courant?
    Dans la version Petit Guillaume on comprend à la fois le soutien au fils, au frère et beau-frère et la mise à l’écart de Marie-Jeanne. Elle reste pour la famille la fauteuse de trouble, la séductrice qui est cause de tout ce malheur. Même si c’est à l’insu de son plein gré.

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